La discrétion de Faïza Guène

La discrétion de Faïza Guène chez Plon

Le livre est dédié à la mère de l’auteure, et à toutes les mères. 
Faïza Guène raconte ici l’enfance de sa mère en Algérie, pendant la guerre d’indépendance, l’exil au Maroc, la pauvreté puis le retour, le père héros de guerre. 
Par petites touches, des anecdotes nous dépeignent cette époque cauchemardesque de notre histoire, et la vie misérable de cette femme qui a appris le sacrifice dès l’enfance, entre autre le renoncement à l’école. 
Elle a, encré en elle, son pays d’origine, ses coutumes et croyances, mais aussi une forme de résistance, qui agace prodigieusement sa fille, mais qui la fascine aussi, qui lui fait défaut mais qu’elle aimerait pouvoir faire sienne parfois. Cette discrétion n’est pas dupe, elle n’ignore pas le racisme ordinaire, le mépris, mais elle est aussi une arme, elle déconcerte et arrive même, parfois, à culpabiliser l’interlocuteur.
Yamina, la mère, est de ces femmes qui n’aiment pas faire de vagues, qui se soucient de ce que vont penser les voisins, on peut la retrouver partout, pas uniquement à Aubervilliers chez une immigrée algérienne. Mais, elle n’en pense pas moins… la scène entre elle, sa voisine et le chien de celle-ci est hilarante et criante de vérité.
L’avant-dernier chapitre évoque avec beaucoup de délicatesse les attentats, et la position difficile des musulmans, à qui l’on demande de se « désolidariser », comme si ces drames n’étaient pas aussi les leurs.
Excellent livre, récit familial et national, émouvant dans sa forme d’hommage à la mère, et dans cet amour de la France, malgré la colère toujours présente.
Claudine

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