derniers coups de cœur rayon BD

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rayon BD les coups de cœur :

Les Vermeilles de Camille Jourdy chez Actes Sud Junior = une délicieuse aventure au pays des Vermeilles. En ces temps gris et tristes, les vermeilles sont une belle solution d’évasion !

Les grands espaces de Catherine Meurisse, chez Dargaud = tout est dans le titre ! dépaysement garanti

Dans la combi de Thomas Pesquet chez Dargaud = on ne le présent plus !

Thérapie de Groupe de Manu Larcenet chez Dargaud = tout est encore dans le titre !!

« Ma bibliothèque de libraire confinée »

J (je ne compte plus…)

Dans la série des romans que j’ai énormément aimé lire mais qu’il n’est peut-être pas judicieux de lire en ce moment (ou pas !), voici Sanderling d’Anne Delaflotte-Mehdevi publié chez Gaïa.
J’ai lu tous les livres de cette auteure pas assez connue à mon goût. Très régulièrement, je conseille La Relieuse du Gué que j’ai adoré. Je conseille également la deuxième aventure de la relieuse, Mathilde, avec Le Portefeuille Rouge. (Même mon lecteur de mari s’est laissé prendre). J’ai passionnément aimé Fugue, roman très intime dans lequel Anne Delaflotte-Mehdevi a su transcrire comme jamais la perte de voix de son héroïne, et tout récemment, Le Théâtre de Slávek, un roman historique hors du commun, dans lequel on apprend beaucoup sur le théâtre et ses lumières, sur la nature humaine et l’épidémie de peste à Prague au 18ème siècle.
Sanderling est le 3ème roman d’Anne Delaflotte-Mehdevi paru en 2013. C’est un roman étrange, rien ne nous prépare à ce qu’il va s’y passer. Landry est paysan, extrêmement fragilisé par une séparation, on le découvre dans les étendues du grand nord, étudiant un oiseau migrateur, le sanderling, soucieux de le suivre à la trace, comme si comprendre cet oiseau, lui permettait de mieux se comprendre et comprendre le monde. Mais il doit retourner sur ses terres en Bretagne, remettre en route sa vie de labeur. Tout en souhaitant réinventer, Landry reprend finalement goût à la vie d’agriculteur, jusqu’à ce qu’un imprévisible événement vienne tout bouleverser, et tout remettre en question sur la Terre… Rien de ce qu’on n’aurait pu imaginer un jour…

Sauvons des vies : continuons à rester chez nous.

« Ma bibliothèque de libraire confinée » J (je ne compte plus…)

Si je vous dis « PILIRIQATIGIINNIQ » ? « DOR » ? TALANOA » ?
A moins que vous soyez inuit, roumain ou fidjien, je pense vous perdre !
Mais non ! Grâce au Tsun-Dico, merveilleux petit dictionnaire publié chez autrement en 2019, vous pourrez découvrir « 200 mots que le français devrait emprunter aux autres langues » !

C’est parti, je cite :

PILIRIQATIGIINNIQ : (inuit) sorte de solidarité et d’esprit communautaire qui incite à travailler ensemble pour le bien commun.

DOR : (roumain) nostalgie qui survient lorsqu’on pense à quelqu’un que l’on aime beaucoup.

TALANOA : (fidjien) établir un dialogue ouvert, transparent et bienveillant au cours duquel chacun peut s’exprimer en toute confiance, afin de déboucher sur les meilleurs solutions pour tout le monde.

Il y en aurait tant d’autres…
Merci à Sabine Duhamel et aux éditions Autrement pour ce beau travail.

Sauvons des vies : restons chez nous.

« Ma bibliothèque de libraire confinée »


Quand j’ai repris la librairie, en novembre 2016, j’avais envie de la renommer. Je savais qu’il fallait que cela soit progressif, c’est chose faite. La dernière étape de ce changement viendra avec une nouvelle devanture, peut-être en 2020… Mais maintenant, c’est une autre histoire…
Ceci étant dit : je vais vous dire pourquoi Acacia !
L’Acacia est le titre du livre que j’ai sans doute le plus lu.
Claude Simon, prix Nobel de Littérature en 1985 l’a publié aux éditions de Minuit, en 1989. Je considère ce livre comme étant le plus simple pour rencontrer l’œuvre de cet auteur fabuleux, c’est un roman un peu plus linéaire que d’autres de ses ouvrages.
J’ai choisi : Librairie Acacia et non Librairie L’Acacia, car une autre librairie porte ce nom à Paris ; c’était bien vu : un jour, un petit éditeur parisien m’a annoncé, au téléphone, qu’un coursier pouvait m’amener l’ouvrage que je commandais dans la journée… Même si j’apprécie les quiproquos, je doute que nous aurions pu y trouver quelque bénéfice !
Le roman L’Acacia retrace la vie d’un jeune homme et celle de sa famille, mortellement touchées par les guerres qui ont marqué le 20ème siècle. Les fils narratifs s’entrecroisent pour ne finir par faire qu’un, à l’aube d’une renaissance au monde, par le biais de la littérature : de la lecture avant toute écriture.
Une fois n’est pas coutume, voici la fin du roman, sans rien divulgâcher…

« C’était le printemps maintenant. La fenêtre de la chambre était ouverte sur la nuit tiède. L’une des branches du grand acacia qui poussait dans le jardin touchait presque le mur, et il pouvait voir les plus proches rameaux éclairés par la lampe, avec leurs feuilles semblables à des plumes palpitant faiblement sur le fond de ténèbres, les folioles ovales tintées d’un vert cru par la lumière électrique remuant par moment comme des aigrettes, comme animées soudain d’un mouvement propre, comme si l’arbre tout entier se réveillait, s’ébrouait, se secouait, après quoi tout s’apaisait et elles reprenaient leur immobilité »

Sauvons des vies : restons chez nous.

Ma bibliothèque de libraire confinée

« Ma bibliothèque de libraire confinée »

J14 : une bibliothèque se construit au fil des ans… et, quand on déménage, on prend vite conscience du poids et de la place que prennent les livres dans notre vie… Dans la vie à 100 à l’heure d’avant le confinement, on avait une petite tendance à accumuler, dans une espèce de fringale jamais assouvie, plein de livres, en se disant toujours, celui-là on le lira à tel moment, il est indispensable…

Voici mes deux derniers achats indispensables :
Correspondance (1944-1959) Albert Camus, Maria Casarès chez Folio
J’aimerais te parler d’elles de Sophie Carquain et Pauline Duhamel chez Albin Michel Jeunesse
Le premier est un petit bijou, je n’ai lu que les premières lettres pour l’instant, je compte le lire doucement, un peu comme on savoure de la poésie. J’attends avec impatience les lettres de Maria Casarès, je ne manquerait pas d’entendre sa voix en les parcourant… Tiens, ça me donne envie de revoir Orphée de Jean Cocteau !
Le deuxième, tout d’abord conseillé par une cliente qui se reconnaîtra sûrement, puis commandé par la maman de cette même cliente, et enfin, recommandé pour moi, et bien sûr pour la librairie. Ce livre a été dévoré ! Ma mini lectrice en a développé des envies d’aventurières, nous avons couplé la lecture de certains de ces beaux portraits de femmes avec les podcast des Odyssées de France Inter (https://www.franceinter.fr/emissions/les-odyssees). Ce livre est accessible dès 6 ans, à lire et à relire à des enfants de tout âge.

Sauvons des vies : restons chez nous.

Ma bibliothèque de libraire confinée

26/03/20
Face à ma bibliothèque, on ne se refait pas ! Je déniche le Journal du dehors d’Annie Ernaux paru chez Folio. En page de garde, je réalise que j’ai ce livre depuis 12 ans, je ne l’avais jamais lu. Il attendait sans nul doute d’être découvert quand, justement, le dehors n’est plus qu’un souvenir pour moi !! Nous vivons notre dixième jour de confinement. J’ai beaucoup de chance car je partage ma grande maison avec quatre autres humains plutôt chouettes, humains dont je parlerai sûrement à un moment ou un autre, car ce sont aussi des lecteurs. Je dispose de plusieurs espaces extérieurs ensoleillés, d’une très grande bibliothèque disséminée dans la maison. Je ne me plains donc pas. Je reste chez moi. Je suis inquiète pour ma chère librairie, mais je n’ai d’autres choix que celui de mettre toute ma confiance en l’avenir. Je me concentre sur le présent et toutes les petites choses à faire du quotidien.
Et donc : LIRE.
Petit extrait : « Pour rentrer chez moi, j’ai pris la voie qui longe la tranchée ouverte pour la prolongation du RER. J’avais l’impression de monter vers le soleil qui se couchait entre les barres entrecroisées des pylônes dévalant vers le centre de la Ville Nouvelle ».
Sauvons des vies : restons chez nous.